Endurance générale
Les kilomètres faciles, les sorties longues et les enchaînements sur jambes fatiguées construisent la capacité à avancer longtemps sans transformer chaque séance en journée difficile.
Journal de préparation · Nice 100M
Le 25 septembre 2026, je prendrai le départ à Auron pour 165 kilomètres, 8 900 mètres de D+ et plus de 10 000 mètres de D− jusqu’à Nice. Je vis à Hilversum, sans longues montées ni descentes alpines. Ma préparation consiste donc à isoler les vraies contraintes de la course — endurance, marche active, résistance musculaire, descentes, nutrition, nuit, chaleur et prise de décision — puis à les travailler avec les moyens disponibles.
Ma méthode en bref
La base reste simple : beaucoup d’endurance facile, des sorties longues et une récupération régulière. J’ajoute ensuite le travail spécifique que la course exigera réellement : monter pendant des heures, descendre sans détruire les quadriceps, marcher efficacement, continuer à manger, traverser la nuit, gérer la chaleur et prendre de bonnes décisions lorsque la fatigue s’installe.
Les kilomètres faciles, les sorties longues et les enchaînements sur jambes fatiguées construisent la capacité à avancer longtemps sans transformer chaque séance en journée difficile.
Anna’s Berg, le renforcement, le Technogym Climb Excite et le Skillrun créent une charge répétable pour les montées et surtout pour les milliers de mètres de descente.
Les longues séances servent aussi à tester les glucides, l’hydratation, le gilet, les vêtements et les frontales. Un bloc difficile ne compte que si la récupération derrière est suffisante.
La course découpée en problèmes
Le Nice 100M est trop vaste pour devenir une seule tâche d’entraînement. Je le découpe donc en six problèmes concrets : pour chacun, j’identifie le risque, le travail utile et la façon dont je peux l’intégrer à une semaine normale.
Risque : plus de 10 000 mètres de D−. Trop de freinage musculaire au début peut rendre les longues descentes de la seconde moitié presque ingérables.
Ce que je travaille : descentes contrôlées, step-downs, maintien en split squat bulgare, stabilité sur une jambe, renforcement et boucles où la technique doit rester propre sous fatigue.
Concrètement : tour après tour sur Anna’s Berg. Ce n’est pas une descente alpine, mais la répétition permet de reconnaître la perte de contrôle avant qu’elle devienne une mauvaise habitude.
Objectif : encore pouvoir choisir mes appuis dans les dernières descentes, pas seulement subir la pente.
Risque : le cardio peut sembler bon alors que les jambes ne sont pas prêtes à monter et descendre pendant des heures.
Ce que je travaille : simulateur d’escaliers Technogym Climb Excite, tapis incliné Skillrun, marche active, escaliers, renforcement et longues séances qui alternent course et marche.
Concrètement : certaines séances de montagne se déroulent simplement à SportCity : renforcement d’abord, puis longue montée sur machine. Peu spectaculaire, mais suffisamment spécifique pour charger les jambes.
Objectif : ne pas copier les Alpes, mais reproduire une partie de la fatigue musculaire qu’elles imposeront.
Risque : sur 100 miles, une défaillance digestive rend l’allure secondaire.
Ce que je travaille : 80 à 90 grammes de glucides par heure, plusieurs textures et saveurs, boire sous fatigue et manger tout en avançant.
Concrètement : les longues sorties deviennent des répétitions pour les flasques, gels, barres, sel et le moment où l’alimentation commence à demander un effort mental.
Objectif : le jour de course, manger et boire doivent être des gestes banals, pas une expérience improvisée.
Risque : la posture s’affaisse, les appuis deviennent moins précis et chaque erreur coûte davantage sur un sentier technique.
Ce que je travaille : cadence, placement des pieds, gainage, stabilité unilatérale, descentes calmes et marche active sans s’effondrer au niveau des hanches.
Concrètement : exercices courts à la maison, step-downs, renforcement et attention portée à la qualité des appuis en fin de sortie facile.
Objectif : Nice ne récompense pas la bravoure, mais une technique reproductible pendant des dizaines d’heures.
Risque : le nom Côte d’Azur évoque la chaleur, mais le départ se situe en montagne. Une même course peut réunir vent, froid, nuit, transpiration et forte chaleur.
Ce que je travaille : utilisation des frontales, choix des couches, port d’eau, check-lists, refroidissement, protection thermique et décisions simples sous fatigue.
Concrètement : courir avec le gilet complet, préparer le matériel comme pour le départ et étudier les vidéos du parcours pour reconnaître les changements de terrain.
Objectif : transformer le plus grand nombre possible de décisions en routines déjà testées.
Risque : 165 kilomètres sont trop grands pour être portés mentalement en un seul bloc.
Ce que je travaille : découpage en sections, étude des ravitaillements, vidéos, consignes simples par phase et scénarios pour les moments difficiles.
Concrètement : je mets les vidéos sur pause pour observer les sentiers, les frontales, les sacs, les ravitaillements et la façon dont les coureurs bougent lorsqu’ils sont vraiment fatigués.
Objectif : ne pas penser « encore 100 miles », mais « quelle est la prochaine bonne action jusqu’au prochain ravitaillement ? »
Dernier bloc spécifique · 11–12 juillet 2026
Un enchaînement de deux jours sur Anna’s Berg : le samedi, deux heures de montée avec un sac de 9 kg ; le dimanche, une nouvelle séance de côtes sur jambes fatiguées. Au total : 30,6 km, plus de 2 200 m D+ et des descentes contrôlées. Le résultat le plus important n’est pas le chiffre : jambes solides, technique stable et aucune douleur.
J’ai effectué les montées avec 9 kg supplémentaires pendant les deux premières heures. Je retirais le sac pour les descentes afin de concentrer la surcharge sur la montée sans sacrifier la technique en descente.
La seconde séance, avec le gilet de course, rendait l’enchaînement plus spécifique. L’intérêt n’était pas une séance héroïque, mais la nécessité de monter et descendre de nouveau avec la charge du samedi encore présente.
La sollicitation locale des fessiers, quadriceps et tendons était plus élevée que la moyenne cardiaque ne le suggérait. J’ai donc prévu 48 à 72 heures de récupération. L’apport du samedi, environ 43 g de glucides par heure, restait aussi sous l’objectif : les prochaines séances spécifiques progresseront vers 70 à 90 g/h.
30,6 km · 5 h 06 · 2 221 m D+
La vraie contrainte
Sur le papier, le Nice 100M relie Auron à Nice. Dans mon agenda, il faut aussi composer avec le travail, l’école, les courses, la fatigue et la vie de famille. La préparation n’est réussie que si elle fonctionne sportivement sans obliger tout le foyer à vivre au rythme de mon objectif.
J’appelle certaines séances mes « sorties ninja » : partir tôt, s’entraîner pendant que la maison dort et rentrer avant que la journée ne commence vraiment. Ce n’est pas héroïque, c’est une solution pratique.
Je ne peux pas importer les montagnes aux Pays-Bas. Je peux en revanche isoler leurs exigences : descendre, freiner sur des quadriceps fatigués, manger sans faim, marcher sans s’affaisser, partir avec retenue et répéter chaque compétence jusqu’à ce qu’elle devienne moins incertaine.
Parfois cela signifie une sortie longue. Parfois une séance de Climb Excite. Parfois des dizaines de petites répétitions sur Anna’s Berg. Parfois aussi une journée de repos au bureau, parce que la récupération fait partie du travail.
Qui écrit cette page
Je vis à Hilversum, entouré de landes et de forêts mais sans vraie montagne. Je cours depuis mes années d’étudiant à Amsterdam, parallèlement au hockey sur gazon, et la course à pied a progressivement pris plus de place à partir de 2016.
Ma première compétition de course a été le Matterhorn Ultraks en 2021. Depuis, j’ai construit l’expérience étape par étape : Villars Ultraks, X-Traversée à Verbier, Monte Rosa Trail de 82,9 km avec 6 350 m D+, puis Indian Summer Ultra au-delà de 100 km. Le Nice 100M sera mon premier 100 miles en montagne.
Je consacre beaucoup de temps à comprendre la course. Rendre ce travail public peut aider d’autres coureurs à poser de meilleures questions, même si leurs réponses seront différentes des miennes.
Mes beaux-parents vivent avec une démence. En 2025, j’ai couru le Monte Rosa Trail pour Alzheimer Nederland et nous avons récolté plus de 5 300 €. En 2026, je recommence avec le Nice 100M.
Je ne suis pas entraîneur. Je partage ma propre préparation, avec ses ajustements et ses limites, en tant que père de trois enfants et salarié à temps plein.
À quoi cela ressemble réellement
Anna’s Berg n’est pas un col alpin. C’est une petite pente néerlandaise que je connais presque trop bien. Justement, je peux y observer la respiration, les appuis, les quadriceps, l’alimentation et ce qui se dégrade lorsque la répétition devient monotone.
Le Nice 100M ne sera pas seulement difficile dans les passages spectaculaires. Il le sera parce que des gestes simples devront rester corrects pendant des heures.
Une partie importante de l’entraînement doit tenir autour de la vie familiale. Certaines séances commencent donc avant le réveil de la maison, puis la journée normale reprend avec le petit-déjeuner, l’école et le travail.
Ce n’est pas romantique, mais c’est la condition pour que la préparation reste durable.
Le jeudi est mon jour de repos fixe. Pendant les vacances, je garde aussi de vraies journées de famille ou de voyage sans inventer un footing de récupération.
Préparer un ultra demande de la discipline pour s’entraîner, mais aussi de la discipline pour s’arrêter.
Leçons d’anciens participants
Je ne reproduis pas les témoignages personnels mot pour mot. Certains m’ont été transmis directement. Je conserve seulement les tendances récurrentes qui influencent réellement ma préparation.
Le message commun est clair : Nice demande davantage qu’une bonne condition physique. Il faut des jambes encore capables de descendre, une stratégie de couches cohérente, une nutrition testée et suffisamment de retenue pour atteindre la seconde moitié sans quadriceps détruits.
Le parcours est décrit comme plus sauvage et plus technique que prévu, avec de longues descentes et des monotraces exigeantes. Je travaille donc la capacité à rester précis tard dans la course.
Certaines montées imposent des appuis hauts répétés. Step-ups, escaliers, marche active et renforcement unilatéral restent essentiels.
Le matériel froid est indispensable, mais surchauffer dans une montée crée aussi des problèmes. Les couches doivent être disponibles et faciles à ajouter, pas portées par réflexe.
Soupe, bouillon, cola et eau peuvent beaucoup aider. Ils ne remplacent ni ma réserve personnelle ni un plan digestif déjà testé.
Une petite erreur de textile ou de rangement peut devenir énorme après de nombreuses heures. Je teste donc les couches, chaussettes, gilet, hydratation et tout ce qui touche longtemps la peau ou l’estomac.
La course peut commencer dans des conditions hivernales et se terminer au bord de la Méditerranée. Cette amplitude impose une préparation qui couvre deux environnements très différents.
Nutrition périodisée
Pour Nice, je dois entraîner mes jambes, mais aussi mon système digestif et mes décisions alimentaires. Mon approche est influencée par les travaux d’Asker Jeukendrup sur l’entraînement digestif et l’adaptation nutritionnelle en endurance.
Les journées de bureau, de repos ou de récupération ne doivent pas ressembler à une alimentation de course. Je privilégie une alimentation normale, suffisamment de protéines et ce qui aide réellement à récupérer.
Je répète l’utilisation des flasques, gels, barres, sel et horaires. L’objectif est aussi comportemental : continuer à boire et à manger lorsque l’envie baisse.
À mesure que les simulations deviennent plus spécifiques, je progresse vers environ 80 à 90 g de glucides par heure, avec plusieurs formats et goûts.
Le but n’est pas un plan impressionnant sur le papier. Il faut commencer tôt, répéter les prises, reconnaître les petits problèmes et éviter d’attendre la panne complète.
Les travaux de Jeukendrup soulignent le rôle central du système digestif dans l’apport de glucides et de liquide pendant un effort prolongé. C’est pourquoi la nutrition est pour moi une compétence à entraîner, pas un détail à régler la semaine de course.
Poids sans obsession
Dans une course avec des milliers de mètres de D−, chaque kilo doit être freiné encore et encore. Mais une perte de poids agressive peut coûter du glycogène, de la force et de la récupération. Je ne cherche donc pas le chiffre le plus bas, mais un corps plus léger, solide et pleinement alimenté au départ.
Je regarde l’évolution sur plusieurs semaines et la qualité des entraînements. Je ne publie volontairement pas d’objectif quotidien.
L’eau, le sel, les glucides, le contenu digestif et la créatine peuvent modifier rapidement le poids et les estimations de composition corporelle.
Si le sommeil, l’humeur, la force, la récupération ou la qualité des séances se dégradent, le déficit est trop important.
Les derniers jours ne servent plus à perdre du poids. Ils servent à remplir les réserves de glycogène, à s’hydrater et à garder un système digestif calme.
Étude visuelle du parcours
Un fichier GPX ne montre pas la texture d’un sentier. Les vidéos révèlent où les coureurs ralentissent, la largeur des monotraces, la technicité des descentes, l’organisation des ravitaillements, les vêtements utilisés et la manière dont la fatigue modifie la posture.
Je revois parfois le même passage plusieurs fois. Reconnaître une situation peut éviter du stress, du temps perdu et une mauvaise décision le jour de course.
Sources et influences
Il s’agit de ma préparation personnelle, pas d’un modèle universel. Je combine les informations officielles, mon expérience, les idées de spécialistes, les données, les vidéos et les leçons d’anciens participants.
Les pages UTMB et les fichiers GPX servent de base pour le parcours, la distance, le dénivelé, le matériel, les ravitaillements et les barrières horaires.
Page officielle du Nice 100MJ’utilise mon découpage en sections, les vidéos, les traces GPX, les comptes rendus et les échanges sur TrailTalk et Strava pour rendre la course moins abstraite.
Lire mon guide du parcoursJe traduis les principes de Scott Johnston et Jason Koop dans mon environnement : répétition, charge spécifique et travail adapté aux exigences réelles de la course.
Jason Koop — Training Essentials for UltrarunningLa majorité du travail extérieur se déroule sur Anna’s Berg, une colline d’environ 20 mètres. J’utilise aussi le Climb Excite et le Skillrun à SportCity.
Voir les six contraintes travailléesAsker Jeukendrup influence ma façon de périodiser l’alimentation et d’entraîner la tolérance digestive.
Asker Jeukendrup — Training the Gut for AthletesEn 2025, j’ai réalisé un bilan médico-sportif chez OREC pour le Monte Rosa Trail. En 2026, j’utilise aussi OREC de façon préventive pour la chaîne de mouvement, le contrôle sur une jambe et la préparation aux longues descentes.
OREC — bilan médico-sportifDernière mise à jour de fond : 13 juillet 2026 — ajout de l’enchaînement d’Anna’s Berg, du contexte sur le poids et la performance, des informations OREC actualisées et d’une structure d’entraînement plus claire.
Matériel obligatoire du Nice 100M
En plus des vêtements de course habituels, l’organisation demande une liste importante de matériel. Je distingue ce qui est obligatoire, mes choix personnels et ce qui ira dans le gilet ou le sac d’allègement : frontales, couches chaudes, protection imperméable, réserve alimentaire, batteries externes, bol et gobelet.
Pourquoi je partage tout cela
Mes beaux-parents vivent avec une démence. C’est pourquoi je cours le Nice 100M pour Alzheimer Nederland. La préparation est donc plus personnelle qu’un simple objectif sportif.
Les sorties du petit matin, les répétitions sur Anna’s Berg et les jours où je choisis de récupérer font tous partie de la même campagne. Les 100 miles deviennent une manière de mobiliser de l’attention et des dons pour une maladie qui touche directement notre famille.
Ma fatigue finira par passer après l’arrivée. La démence, non.
Questions fréquentes
En séparant les exigences. Montées, descentes, marche active, alimentation, nuit, chaleur et matériel demandent des travaux différents. J’utilise les répétitions en côte, Anna’s Berg, le Skillrun, le Climb Excite, le renforcement et les sorties longues.
Parce qu’une pente courte et familière permet de travailler le rythme, la technique, l’alimentation et la fatigue près de chez moi. Ce n’est pas une copie des Alpes, mais un terrain de test pratique.
Principalement le Technogym Skillrun pour le travail en pente et le Technogym Climb Excite pour les montées répétées et l’endurance musculaire.
Des séances organisées tôt ou très efficacement pour limiter leur impact sur la vie familiale. La préparation doit être sportive et durable à la maison.
L’alimentation change selon le but de la journée. Une journée de repos ne demande pas la même chose qu’un long bloc de côtes. Les séances spécifiques servent à tester glucides, eau, sel et timing.
Le plan fixe l’objectif et les limites d’une séance. Le terrain, la récupération, la vie familiale et les signaux physiques déterminent l’exécution réelle. Faire davantage n’est utile que si le travail reste spécifique et récupérable.
Chaque kilo doit être freiné à répétition dans les longues descentes. Je cherche à réduire progressivement la masse inutile sans sacrifier la force, la récupération ni les réserves de glucides.
Non. Cette page décrit ma préparation personnelle pour une course précise. Elle ne remplace pas un avis médical, nutritionnel ou professionnel.