Endurance générale
Les kilomètres faciles, les sorties longues et les enchaînements sur jambes fatiguées construisent la capacité à avancer longtemps sans transformer chaque séance en journée difficile.
Journal de préparation · Nice 100M · mis à jour le 3 septembre 2026
Le Nice 100M relie Auron à la Méditerranée : environ 167 kilomètres, plus de 8 500 mètres de D+ et plus de 10 000 mètres de D−. L’essentiel de ma préparation se déroule pourtant à Hilversum. Je combine endurance facile, répétitions sur Anna’s Berg, renforcement, Technogym Climb Excite et Skillrun, vraie montagne en Italie, tests de nutrition et de matériel, et récupération volontaire. Le but n’est pas de reproduire les Alpes aux Pays-Bas, mais de rendre une à une les contraintes d’un ultra de plus de trente heures plus gérables.
Ma méthode en bref
La base reste simple : beaucoup d’endurance facile, des sorties longues et une récupération régulière. J’ajoute ensuite le travail spécifique que la course exigera réellement : monter pendant des heures, descendre sans détruire les quadriceps, marcher efficacement, continuer à manger, traverser la nuit, gérer la chaleur et prendre de bonnes décisions lorsque la fatigue s’installe.
Les kilomètres faciles, les sorties longues et les enchaînements sur jambes fatiguées construisent la capacité à avancer longtemps sans transformer chaque séance en journée difficile.
Anna’s Berg et les vrais trails de montagne apportent la charge spécifique en descente. J’utilise surtout le Technogym Climb Excite et le Skillrun pour la durée en montée, la marche active, l’endurance musculaire et la transition entre montée raide et retour à la course.
Les longues séances servent aussi à tester les glucides, l’hydratation, le gilet, les vêtements et les frontales. Un bloc difficile ne compte que si la récupération derrière est suffisante.
La course découpée en problèmes
Le Nice 100M est trop vaste pour devenir une seule tâche d’entraînement. Je le découpe donc en six problèmes concrets : pour chacun, j’identifie le risque, le travail utile et la façon dont je peux l’intégrer à une semaine normale.
Risque : Nice comporte plus de 10 000 mètres de D−. Une descente peut sembler peu coûteuse sur le plan cardiovasculaire tout en étant très chère pour les quadriceps, les ischio-jambiers et les tendons. Trop de freinage dans la première moitié se paie ensuite par de moins bonnes descentes, moins de force en montée et moins de capacité à courir sur les portions roulantes.
Ce que je travaille : vraies descentes en trail, répétitions sur Anna’s Berg, technique contrôlée, step-downs, stabilité unilatérale et renforcement. L’adaptation principale ne vient pas du fait de descendre toujours plus vite, mais d’expositions répétées qui permettent aux muscles de mieux tolérer la même charge excentrique.
Ce que j’ai appris : la descente est aujourd’hui davantage une séance de technique et de tolérance tissulaire qu’une séance cardio. Plus vite n’est pas automatiquement mieux. J’essaie d’atterrir souplement, de garder une cadence suffisante, d’éviter de freiner en arrière et de lire une bonne ligne dans le terrain.
Conséquence pour la course : j’accepte de laisser quelques minutes dans les premières grandes descentes. Le but n’est pas d’avoir un beau temps intermédiaire à Isola ; le but est d’avoir encore des jambes normales après vingt ou vingt-cinq heures pour la montée suivante et les derniers kilomètres courables vers Nice.
Risque : le cardio peut sembler bon alors que les jambes ne sont pas prêtes à monter et descendre pendant des heures.
Ce que je travaille : simulateur d’escaliers Technogym Climb Excite, tapis incliné Skillrun, marche active, escaliers, renforcement et longues séances qui alternent course et marche.
Concrètement : certaines séances de montagne se déroulent simplement à SportCity : renforcement d’abord, puis longue montée sur machine. Peu spectaculaire, mais suffisamment spécifique pour charger les jambes.
Objectif : les machines peuvent créer de la fatigue en montée et de l’endurance musculaire, mais elles ne remplacent ni la descente technique ni des milliers de freinages excentriques. Anna’s Berg et les vrais trails restent indispensables pour cela.
Risque : sur 100 miles, la nutrition n’est pas un détail. Si l’estomac s’arrête, l’allure devient secondaire.
Ce que je travaille : un protocole de course largement liquide avec Tailwind High Carb comme base. Mon rythme normal est d’environ une flasque souple de 500 ml toutes les 48 minutes, soit environ 79 g de glucides par heure. De petites doses de PF90 permettent d’approcher 90 g/h. Je garde volontairement la caféine pour la fin de course.
Concrètement : les longues séances répètent toujours le même système : prendre la flasque, boire selon le rythme, remélanger la poudre, ajouter une petite dose de glucides et continuer à avancer. Tailwind fournit aussi ma base normale d’électrolytes ; les capsules de sel supplémentaires restent une solution de secours, pas un automatisme horaire.
Objectif : le jour de course, manger et boire doivent être des gestes banals et répétés, pas une expérience improvisée.
Risque : la posture s’affaisse, les appuis deviennent moins précis et chaque erreur coûte davantage sur un sentier technique.
Ce que je travaille : cadence, placement des pieds, gainage, stabilité unilatérale, descentes calmes et marche active sans s’effondrer au niveau des hanches.
Concrètement : exercices courts à la maison, step-downs, renforcement et attention portée à la qualité des appuis en fin de sortie facile.
Objectif : Nice ne récompense pas la bravoure, mais une technique reproductible pendant des dizaines d’heures.
Risque : le nom Côte d’Azur évoque la chaleur, mais le départ se situe en montagne. Une même course peut réunir vent, froid, nuit, transpiration et forte chaleur.
Ce que je travaille : utilisation des frontales, choix des couches, port d’eau, check-lists, refroidissement, protection thermique et décisions simples sous fatigue.
Concrètement : courir avec le gilet complet, préparer le matériel comme pour le départ et étudier les vidéos du parcours pour reconnaître les changements de terrain.
Objectif : transformer le plus grand nombre possible de décisions en routines déjà testées.
Risque : 167 kilomètres sont trop grands pour être portés mentalement en un seul bloc.
Ce que je travaille : découpage en sections, étude des ravitaillements, vidéos, consignes simples par phase et scénarios pour les moments difficiles.
Concrètement : je mets les vidéos sur pause pour observer les sentiers, les frontales, les sacs, les ravitaillements et la façon dont les coureurs bougent lorsqu’ils sont vraiment fatigués.
Objectif : ne pas penser « encore 100 miles », mais « quelle est la prochaine bonne action jusqu’au prochain ravitaillement ? »
Exécution de course · descente
Une évolution importante de mon plan de course est de ne plus considérer les descentes uniquement comme des kilomètres où la vitesse paraît facile. À Monte Rosa, j’étais encore capable d’absorber de longues descentes tard dans la course. J’utilise cette expérience comme point de réalité pour Nice. Je n’ai pas besoin de maximiser chaque descente au début. Quelques minutes peuvent disparaître dans la première moitié si cela permet de conserver les quadriceps pour monter et courir plus tard.
La règle est simple : le temps perdu tôt n’a pas besoin d’être récupéré immédiatement. Si les jambes restent bonnes tard dans la course, la vitesse reviendra naturellement. Si elles ne le sont plus, le chronomètre sera le problème le moins intéressant.
Données 2025 · première nuit
Les résultats 2025 confirment ce que le parcours lui-même suggère : la plus forte attrition ne se produit pas uniquement près de Nice. Dans notre analyse des checkpoints, plus de la moitié de tous les DNF se concentre dans la partie Isola–Valdeblore. À partir de Levens, le peloton présente un tout autre profil statistique : 92,4 % des coureurs arrivés à Levens ont finalement terminé.
Pour ma préparation, cela renforce une règle simple : la première soirée n'est pas le moment de gagner des minutes. Je veux entrer dans la première nuit avec un estomac qui fonctionne, la tête claire et surtout des quadriceps encore utilisables pour le milieu difficile de la course.
L'analyse complète des checkpoints 2025 se trouve dans le guide du parcours du Nice 100M. Ces chiffres décrivent le peloton 2025 et ne constituent pas une probabilité individuelle de finir.
Dernier bloc spécifique · août–2 septembre 2026
En juillet, la préparation est passée des blocs d’endurance musculaire néerlandais à la vraie montagne en Italie. Août a ensuite constitué la dernière grande phase spécifique pour Nice : descentes techniques, longues montées, enchaînements verticaux et combinaisons indoor où je devais recommencer à courir après une longue montée. L’objectif est devenu moins « accumuler du D+ » et davantage « effectuer la même tâche avec un coût cardiovasculaire et mécanique plus faible ».
Pendant l’été, j’ai couru plusieurs trails avec des montées raides et de vraies descentes techniques. À Campiglia, deux séances clés en quelques jours ont représenté environ 1 400 mètres de vraie charge en montée et en descente. Rapallo a ensuite ajouté un terrain très raide et rocheux. Le point essentiel : les séances sont restées sans douleur et le contrôle en descente est resté bon sur jambes fatiguées.
Un simulateur d’escaliers entraîne la montée ; il ne remplace pas une vraie descente de montagne.
Sur le Skillrun, une simulation de Rabuons est passée d’environ 1 411 m de dénivelé à 153 bpm de moyenne à environ 1 447 m à 138 bpm. Sur Anna’s Berg, une tâche d’environ 1 000 m montée/descente a donné environ 1 032 m à 134 bpm de moyenne, contre environ 149 bpm une semaine plus tôt.
Ce ne sont pas des comparaisons de laboratoire, mais la direction est utile : un travail vertical comparable coûtait moins.
Le 1er septembre, j’ai combiné environ une heure de Stairmaster et deux heures de Skillrun : près de trois heures de mouvement continu et environ 1 670 m de montée simulée. Plus important que le chiffre : après les blocs les plus raides, j’ai pu recommencer à courir sans dérive cardiaque progressive ni effondrement mécanique.
La nutrition a été répétée autour de 80–85 g de glucides par heure. Le lendemain matin, j’ai couru un peu plus de 15 km tranquillement, sans douleur ni dommages résiduels évidents. Cette séance a donc surtout confirmé que la charge était absorbée ; elle n’était pas une invitation à en faire davantage.
La phase de construction est donc pratiquement terminée. Depuis début septembre, le but n’est plus d’empiler de la forme, mais de préserver la spécificité pendant que la fatigue disparaît.
22 jours avant Nice · 3 septembre 2026
Les plus gros stimuli sont faits. Les dernières semaines ne servent plus à accumuler des volumes héroïques. Je veux garder à peu près la même fréquence, mais raccourcir les séances. La montée et la technique de descente reçoivent encore de petites doses d’entretien, sans recréer une grande vague de dommages musculaires.
Cela peut sembler contre-intuitif. Après des mois de construction, réduire l’entraînement donne presque l’impression de perdre quelque chose. Mais la forme utile maintenant ne viendra pas d’une nouvelle séance monstre. Le gain principal vient de l’assimilation de ce qui est déjà construit.
À ce stade, je distingue plus que jamais le système cardiovasculaire du système musculo-squelettique. Une fréquence cardiaque basse ne signifie pas automatiquement une séance bon marché. Les descentes peuvent être localement très coûteuses alors que « l’ordinateur » proteste à peine.
La question des prochaines semaines devient donc simple : est-ce que je sors de cette séance plus fort que j’y suis entré, ou est-ce que j’achète une fatigue que je risque d’emporter jusqu’au 25 septembre ?
La construction vers septembre
Le bloc Anna’s Berg des 11–12 juillet était une étape importante : 30,6 km, 5 h 06 et 2 221 m D+ sur deux jours, avec surcharge en montée et descentes contrôlées. La grande leçon : la charge locale peut être bien supérieure à ce que suggère la fréquence cardiaque.
Campiglia et Rapallo ont ajouté la dimension manquante : longues montées réelles, terrain rocheux et descentes qu’aucune machine ne peut simuler. Le contrôle en descente sur jambes fatiguées est devenu une vraie compétence d’entraînement.
Les simulations de Rabuons, Anna’s Berg et les enchaînements verticaux ont montré que des tâches comparables pouvaient être réalisées à un coût cardiovasculaire plus faible.
La séance intégrée du 1er septembre n’était pas le départ d’un nouveau bloc, mais la dernière preuve. Désormais : entretien, nutrition automatisée, matériel sans erreur et jambes fraîches au départ.
La vraie contrainte
Sur le papier, le Nice 100M relie Auron à Nice. Dans mon agenda, il faut aussi composer avec le travail, l’école, les courses, la fatigue et la vie de famille. La préparation n’est réussie que si elle fonctionne sportivement sans obliger tout le foyer à vivre au rythme de mon objectif.
J’appelle certaines séances mes « sorties ninja » : partir tôt, s’entraîner pendant que la maison dort et rentrer avant que la journée ne commence vraiment. Ce n’est pas héroïque, c’est une solution pratique.
Je ne peux pas importer les montagnes aux Pays-Bas. Je peux en revanche isoler leurs exigences : descendre, freiner sur des quadriceps fatigués, manger sans faim, marcher sans s’affaisser, partir avec retenue et répéter chaque compétence jusqu’à ce qu’elle devienne moins incertaine.
Parfois cela signifie une sortie longue. Parfois une séance de Climb Excite. Parfois des dizaines de petites répétitions sur Anna’s Berg. Parfois aussi une journée de repos au bureau, parce que la récupération fait partie du travail.
Qui écrit cette page
Je vis à Hilversum, entouré de landes et de forêts mais sans vraie montagne. Je cours depuis mes années d’étudiant à Amsterdam, parallèlement au hockey sur gazon, et la course à pied a progressivement pris plus de place à partir de 2016.
Ma première compétition de course a été le Matterhorn Ultraks en 2021. Depuis, j’ai construit l’expérience étape par étape : Villars Ultraks, X-Traversée à Verbier, Monte Rosa Trail de 82,9 km avec 6 350 m D+, puis Indian Summer Ultra au-delà de 100 km. Le Nice 100M sera mon premier 100 miles en montagne.
Je consacre beaucoup de temps à comprendre la course. Rendre ce travail public peut aider d’autres coureurs à poser de meilleures questions, même si leurs réponses seront différentes des miennes.
Mes beaux-parents vivent avec une démence. En 2025, j’ai couru le Monte Rosa Trail pour Alzheimer Nederland et nous avons récolté plus de 5 300 €. En 2026, je recommence avec le Nice 100M.
Je ne suis pas entraîneur. Je partage ma propre préparation, avec ses ajustements et ses limites, en tant que père de trois enfants et salarié à temps plein.
À quoi cela ressemble réellement
Anna’s Berg n’est pas un col alpin. C’est une petite pente néerlandaise que je connais presque trop bien. Justement, je peux y observer la respiration, les appuis, les quadriceps, l’alimentation et ce qui se dégrade lorsque la répétition devient monotone.
Le Nice 100M ne sera pas seulement difficile dans les passages spectaculaires. Il le sera parce que des gestes simples devront rester corrects pendant des heures.
Une partie importante de l’entraînement doit tenir autour de la vie familiale. Certaines séances commencent donc avant le réveil de la maison, puis la journée normale reprend avec le petit-déjeuner, l’école et le travail.
Ce n’est pas romantique, mais c’est la condition pour que la préparation reste durable.
Le jeudi est généralement mon jour de repos fixe. Pendant les vacances, je garde aussi de vraies journées de famille ou de voyage sans inventer un footing de récupération.
Préparer un ultra demande de la discipline pour s’entraîner, mais aussi de la discipline pour s’arrêter.
Leçons d’anciens participants
Je ne reproduis pas les témoignages personnels mot pour mot. Certains m’ont été transmis directement. Je conserve seulement les tendances récurrentes qui influencent réellement ma préparation.
Le message commun est clair : Nice demande davantage qu’une bonne condition physique. Il faut des jambes encore capables de descendre, une stratégie de couches cohérente, une nutrition testée et suffisamment de retenue pour atteindre la seconde moitié sans quadriceps détruits.
Une descente peut sembler facile sur le plan cardiovasculaire tout en étant l’une des parties les plus coûteuses mécaniquement. Je n’utilise donc pas la fréquence cardiaque comme permission d’accélérer en descente. La charge locale sur les quadriceps et les tendons compte davantage que la respiration.
Le parcours est décrit comme plus sauvage et plus technique que prévu, avec de longues descentes et des monotraces exigeantes. Je travaille donc la capacité à rester précis tard dans la course.
Certaines montées imposent des appuis hauts répétés. Step-ups, escaliers, marche active et renforcement unilatéral restent essentiels.
Le matériel froid est indispensable, mais surchauffer dans une montée crée aussi des problèmes. Les couches doivent être disponibles et faciles à ajouter, pas portées par réflexe.
Soupe, bouillon, cola et eau peuvent beaucoup aider. Ils ne remplacent ni ma réserve personnelle ni un plan digestif déjà testé.
Une petite erreur de textile ou de rangement peut devenir énorme après de nombreuses heures. Je teste donc les couches, chaussettes, gilet, hydratation et tout ce qui touche longtemps la peau ou l’estomac.
La course peut commencer dans des conditions hivernales et se terminer au bord de la Méditerranée. Cette amplitude impose une préparation qui couvre deux environnements très différents.
Nutrition périodisée
Pour Nice, je dois entraîner mes jambes, mais aussi mon système digestif et l’exécution. Mon approche reste influencée par les travaux d’Asker Jeukendrup sur l’entraînement digestif et l’adaptation nutritionnelle en endurance.
Les journées de bureau, de repos et de récupération tournent surtout autour d’une alimentation normale, de suffisamment de protéines et de la récupération. Chaque journée n’a pas besoin de ressembler à la nutrition de course.
Les longues séances sont désormais de vraies répétitions du protocole de course. Au lieu d’essayer sans cesse de nouveaux produits : prendre la flasque, boire selon le rythme, remélanger la poudre, ajouter une petite dose de glucides et continuer à avancer.
Mon schéma normal utilise Tailwind High Carb comme base liquide : environ une flasque de 500 ml toutes les 48 minutes, soit environ 79 g de glucides par heure. De petites doses de PF90 permettent d’approcher 90 g/h. Je garde volontairement la caféine pour la fin de course.
Le plan idéal doit être suffisamment simple pour que Warner et moi sachions tous les deux la prochaine action sans réfléchir. Tailwind fournit également ma base normale d’électrolytes ; les capsules de sel supplémentaires restent une solution de secours selon les conditions.
Les travaux de Jeukendrup soulignent le rôle central du système digestif dans l’apport de glucides et de liquide pendant un effort prolongé, et l’entraînement nutritionnel peut améliorer la tolérance. Je répète donc non seulement les quantités, mais surtout la régularité d’exécution lorsque la fatigue augmente.
Poids et performance
Le poids compte sur une course avec plus de 10 000 m de D− : chaque kilo doit être absorbé et freiné des milliers de fois. Mais un poids plus bas n’est utile que si la force, la récupération et le glycogène restent intacts. Je ne cherche donc pas mon poids matinal le plus bas, mais mon poids de course le plus bas tout en étant bien alimenté et pleinement fonctionnel.
Mon bilan médico-sportif de mars 2025 indiquait 87,1 kg. Pendant la préparation de Nice, ma zone de poids habituelle s’est progressivement déplacée vers le bas des 80 kg. Cette tendance structurelle compte beaucoup plus qu’une mesure isolée.
Pendant le séjour en Italie, mon poids est rapidement passé du bas des 81 kg au milieu des 80 kg. Cela ne pouvait évidemment pas être uniquement du gras. Davantage de glucides et de glycogène, le sel, le volume alimentaire, la chaleur, l’augmentation du volume plasmatique et l’eau de récupération après de lourdes descentes peuvent déplacer la balance de plusieurs kilos. Cela ne rend pas l’alimentation excessive sans importance ; cela rend une mesure isolée médiocre pour juger la composition corporelle.
Jusqu’à environ une semaine avant la course, un déficit énergétique modéré peut encore exister les jours faciles et de récupération. Les séances clés sont pleinement alimentées. La qualité du stimulus ne doit jamais baisser simplement pour obtenir un chiffre plus bas sur la balance.
La recherche active de perte de poids s’arrête complètement pendant la semaine de course. Récupération, glycogène, hydratation et calme digestif deviennent prioritaires. Le poids peut même augmenter avec les glucides et l’eau associée. Ce n’est pas un échec ; c’est du carburant.
Étude visuelle du parcours
Un fichier GPX ne montre pas la texture d’un sentier. Les vidéos révèlent où les coureurs ralentissent, la largeur des monotraces, la technicité des descentes, l’organisation des ravitaillements, les vêtements utilisés et la manière dont la fatigue modifie la posture.
Je revois parfois le même passage plusieurs fois. Reconnaître une situation peut éviter du stress, du temps perdu et une mauvaise décision le jour de course.
Sources et influences
Il s’agit de ma préparation personnelle, pas d’un modèle universel. Je combine les informations officielles, mon expérience, les idées de spécialistes, les données, les vidéos et les leçons d’anciens participants.
Les informations officielles 2026 sont prioritaires pour la distance, les checkpoints, le matériel et l’organisation. Pour la géométrie des portions inchangées, j’utilise aussi les traces disponibles des éditions précédentes. Je ne considère jamais une ancienne GPX comme automatiquement exacte pour 2026 : dans la partie centrale, par exemple, l’ancienne ligne vers Madeleine diffère du tracé 2026 vers Venanson.
Page officielle du Nice 100MJ’utilise mon découpage en sections, les vidéos, les traces GPX, les comptes rendus et les échanges sur TrailTalk et Strava pour rendre la course moins abstraite.
Lire mon guide du parcoursJe traduis les principes de Scott Johnston et Jason Koop dans mon environnement : répétition, charge spécifique et travail adapté aux exigences réelles de la course.
Jason Koop — Training Essentials for UltrarunningLa majorité du travail extérieur se déroule sur Anna’s Berg, une colline d’environ 20 mètres. J’utilise aussi le Climb Excite et le Skillrun à SportCity.
Voir les six contraintes travailléesAsker Jeukendrup influence ma façon de périodiser l’alimentation et d’entraîner la tolérance digestive.
Asker Jeukendrup — Training the Gut for AthletesMa stratégie de descente combine l’expérience personnelle avec la littérature sur les dommages musculaires excentriques et le repeated-bout effect. La leçon pratique : l’exposition spécifique à la descente est nécessaire, mais davantage et plus vite ne produit pas automatiquement une meilleure adaptation. La technique, la dose et la récupération comptent.
CTS — Downhill Running: How To Protect Against Muscle Damage Étude — Khassetarash et al., repeated-bout effect en descenteEn 2025, j’ai réalisé un bilan médico-sportif chez OREC pour le Monte Rosa Trail. En 2026, j’utilise aussi OREC de façon préventive pour la chaîne de mouvement, le contrôle sur une jambe et la préparation aux longues descentes.
OREC — bilan médico-sportifDernière mise à jour de fond : 3 septembre 2026 — ajout des blocs Italie et août, des repères verticaux actuels, de la stratégie de descente, du protocole Tailwind, de l’évolution du poids et de la dernière phase d’affûtage.
Matériel obligatoire du Nice 100M
La majorité du matériel obligatoire n’est plus seulement achetée : elle a été testée en pratique. Frontales et batteries de secours ont été utilisées pendant de longues séances, pantalon et veste imperméables sous une vraie pluie, les couches chaudes ont été essayées ensemble et le système à quatre flasques fait désormais partie de la nutrition de course.
Les choix sont aussi liés à l’exécution. À Levens, je prévois par exemple un reset fonctionnel avec chaussures fraîches, chaussettes sèches et un maillot propre Alzheimer Nederland. Le matériel ne doit pas seulement être présent : après vingt heures, je dois savoir sans réfléchir où il se trouve et pourquoi je l’utilise.
Pourquoi je partage tout cela
Mes beaux-parents vivent avec une démence. C’est pourquoi je cours le Nice 100M pour Alzheimer Nederland. La préparation est donc plus personnelle qu’un simple objectif sportif.
Les sorties du petit matin, les répétitions sur Anna’s Berg et les jours où je choisis de récupérer font tous partie de la même campagne. Les 100 miles deviennent une manière de mobiliser de l’attention et des dons pour une maladie qui touche directement notre famille.
Ma fatigue finira par passer après l’arrivée. La démence, non. Les 100 premiers miles symboliques sont remplis ; chaque tranche supplémentaire de 60 € compte comme un mile symbolique de plus, vers l’objectif de 10 000 €.
Questions fréquentes
En séparant les exigences. Montées, descentes, marche active, alimentation, nuit, chaleur et matériel demandent des travaux différents. J’utilise les répétitions en côte, Anna’s Berg, le Skillrun, le Climb Excite, le renforcement et les sorties longues.
Parce qu’une pente courte et familière permet de travailler le rythme, la technique, l’alimentation et la fatigue près de chez moi. Ce n’est pas une copie des Alpes, mais un terrain de test pratique.
Principalement le Technogym Skillrun pour le travail en pente et le Technogym Climb Excite pour les montées répétées et l’endurance musculaire. Ils ne remplacent pas les vraies descentes techniques.
Des séances organisées tôt ou très efficacement pour limiter leur impact sur la vie familiale. La préparation doit être sportive et durable à la maison.
L’alimentation change selon le but de la journée. Une journée de repos ne demande pas la même chose qu’un long bloc de côtes. Les séances spécifiques servent surtout à répéter le protocole Tailwind/PF90, l’hydratation, les électrolytes et le timing.
Le plan fixe l’objectif et les limites d’une séance. Le terrain, la récupération, la vie familiale et les signaux physiques déterminent l’exécution réelle. Faire davantage n’est utile que si le travail reste spécifique et récupérable.
Chaque kilo doit être freiné à répétition dans les longues descentes. Je cherche à réduire progressivement la masse inutile sans sacrifier la force, la récupération ni les réserves de glucides.
Non. Cette page décrit ma préparation personnelle pour une course précise. Elle ne remplace pas un avis médical, nutritionnel ou professionnel.